Diamant brut

Publié le par Chloé&Wines

Direction Bordeaux Supérieur, une appellation générale générique qui n’est pas forcément synonyme de grands vins… Pourtant, parfois sur une route sinueuse on peut tomber sur un diamant à l’état brut: un vignoble qui a du potentiel, un terroir de grande qualité, incroyable dans cette vaste appellation et dans lequel des propriétaires ont tout misé. Il faut se diriger au nord, près de Planète Bordeaux, le syndicat viticole des AOC Bordeaux et Bordeaux supérieur...Voisin du Château Reignac, le Château Leroy Beauval s’ouvre sur un immense portail en fer forgé qui le protège.  Voyons de plus près ce diamant encore brut mais en devenir...

« Mieux vaut un diamant brut que la turquoise polie » Proverbe Georgien

La chartreuse

La chartreuse

Avant de parler plus sérieusement de cette propriété, petit rappel sur l’AOC Bordeaux Supérieur qui comprend des vins rouges (10 000 hectares) et des vins blancs (214 hectares) répartis sur l’ensemble du territoire de Bordeaux. La spécificité est que les vignes ont au moins 21 mois et les vins ont été élevés en barriques pendant 12 mois minimum. Pour faire partie de cette AOC, il faut d’abord appartenir à l’AOC Bordeaux (environ 50 000 hectares). 

Château Leroy Beauval

Château Leroy Beauval

Le château  Leroy-Beauval est le fruit d’une longue histoire agricole qui remonte au XIIème.  Il a porté successivement le nom du Peyrou, Lavialle, Vergoing et Beauval, où ce sont succédés plusieurs propriétaires dont une éleveuse de vers à soie, un seigneur Conseiller au Parlement de Bordeaux et petit neveu de Montesquieu, un comte et même un ingénieur des Ponts et Chaussées qui a participé aux travaux d’aménagement de Paris initiés par le Baron Haussmann ! Au XVIII ème siècle, le Château prend le nom de Beauval et le maître des lieux y fait construire une superbe chartreuse qui sera rénovée et modifiée plusieurs fois. 

 

Après le phylloxéra, la vigne a quasiment disparu de la propriété avant d’être progressivement réintroduit dans les années 1970.

Le vignoble est repris en 2012 par la société LAC, déjà propriétaire de la marque de caviar Sturia.  La famille Leroy, originaire du Nord de la France sont l’âme de l’épopée. Ils ont su voir quel diamant se cachait dans Château Beauval. Le Château prend aujourd’hui le nom de « Château Leroy-Beauval ».

Le caviar Sturia et sa jolie boîte colorée

Le caviar Sturia et sa jolie boîte colorée

Diamant brut ! Mais pourquoi ? Arrivé en 2012, Pascal Fricard - directeur technique de la propriété - fait faire des études de sol par Olivier Tregoat (œnologue et ingénieur de l’Enita qui a élaboré la cartographie des sols de huit Grands Crus de Bordeaux dont Haut Brion, Latour, Cheval Blanc et Margaux). Tous les deux ont un choc : les 200 forages  montrent que les sols et sous-sols de la propriété sont proches des grands terroirs de Saint Emilion comme celui du Château Pavie ! C’est l’un des plus beaux terroirs de la région avec un sol argilo-calcaire (calcaire limoneux et calcaire à astéries). Avec près de 50 hectares à l’origine, un effort considérable de restructuration a donc été fait pour replanter, voire surgreffer : 31 hectares sont aujourd’hui cultivés en agriculture raisonnée avec une orientation forte vers le biologique, avec du Merlot (qui est le cépage majoritaire), Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Sémillon, Sauvignon Blanc et Muscadelle. Se pose la question de planter du Malbec et du Colombard (dans la limite légale de 20% de l’encépagement global du cahier des charges) pour faire face aux changements climatiques. La transformation est en marche : Stéphane Derenoncourt est le consultant de la propriété depuis Juin 2015 ce qui annonce de grandes choses. 

L’agriculture raisonnée, ce n’est pas non plus pour suivre une mode. Très sensible au respect de l’environnement, la Famille Leroy  a souhaité avoir une viticulture qui s’intègre parfaitement en préservant la biodiversité du site. Pascal Fricard souhaite y appliquer sa propre recette : un mélange de lutte raisonnée, de bio et de biodynamie pour trouver un équilibre afin d’obtenir dans un futur proche le premier niveau de HVE (Haute Valeur Environnementale), le but étant d’atteindre le niveau 3. Dans 5/6 ans, le vignoble aura fini sa restructuration et dans 10 ans ce sera la propriété entière : car si l’effort a d’abord était axé sur le matériel végétal, tout reste à faire dans les chais où pour l’instant cuves en inox côtoient cuves en béton. 

La chartreuse du château

La chartreuse du château

Mais la vérité est dans le verre… Le Château va acquérir le label de Vignerons Indépendants (2016), participe à de nombreux concours (CGA, Bruxelles, Decanter…) et les journalistes critiques commencent à venir comme Jacques Dupont (qui a donné la deuxième meilleure note pour Le Point), la RVF ou encore Tim Atkin (87 pour le rouge et 90 pour le blanc). Vous l’avez compris, le Château Leroy Beauval est un diamant qui commence à être poli. Il produit du rouge, du blanc, du rosé et même des bulles ! Il lui faut encore un peu de temps pour trouver son identité mais c’est en devenir.

Château Leroy Beauval rouge est un Bordeaux supérieur avec 100% de Merlot en 2012 puis en blend Merlot (90%)/Cabernet Franc (10%) depuis 2013. Château Leroy Beauval blanc est un Bordeaux avec 80% de Sauvignon Blanc, 10% de Sémillon et 10% de Muscadelle. Les seconds vins se nomment Seigneur de Beauval avec du rouge, du blanc et du rosé (en 2014 seulement) et il y a aussi Marquise Brut Blanc (Muscadelle et Sémillon) et Rosé (Cabernet Franc et Merlot) depuis 2012. Les prix varient de 12,50 euros pour le Château en passant par 6,50 euros pour le second vin et 9,90 euros pour les pétillants en méthode traditionnelle. 

Une bouteille du Château dans la boutique !

Une bouteille du Château dans la boutique !

- Château Leroy Beauval rouge 2014 : La couleur est jolie sur le rubis. Le nez est puissant avec des notes de fruits comme la cerise. Il y a également des touches épicées à l’aération comme la cannelle et le poivre accompagnés de vanille. On sent que la barrique est bien intégrée avec une pointe de fraicheur en fin de nez. La bouche est fraiche également sur le fruit. Les tannins sont souples. Il y a une légère sucrosité qui laisse la place à des notes florales et épicées comme le paprika.

Pour Pascal Fricard, 2014 est le millésime prologue. 2015 est le premier chapitre. Affaire à suivre !

Publié dans vin, bordeaux

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